Le Tramadol surveillé par L’Afssaps

Pour certains, c’est le remède miracle contre la douleur. Pour d’autres, c’est un « poison » qui a ruiné leur vie. La molécule Tramadol, qui existe dans le générique et dans d’autres médicaments (Topalgic, Ixprim, etc.), est un antidouleur dérivé de l’opium dont la consommation est en forte hausse depuis deux ans, suscite de nombreuses inquiétudes. À tel point que l’Afssaps, l’agence française du médicament, a décidé de le placer sous surveillance. Très efficace contre les douleurs au dos ou aux articulations, le Tramadol a des effets secondaires pouvant se révéler très graves : vomissements, désorientation, troubles du sommeil… Surtout, comme tous les dérivés d’opiacé, il peut entraîner une forte accoutumance nécessitant ensuite une période de sevrage.

Premières overdoses en 2010

Autre problème, son usage peut être détourné pour ses effets psychotropes. En 2010, les premières overdoses au Tramadol sont apparues en France. « On m’a prescrit du Tramadol à la suite d’un accident de moto où j’avais eu la jambe fracturée, raconte Teddy, un étudiant lillois de 26 ans. Personne ne m’avait prévenu des effets addictifs, j’ai augmenté les doses et je suis devenu complètement accro. Mon médecin me le prescrivait sans limite. Un jour, j’ai eu un trou noir de plusieurs minutes devant ma télé et j’ai compris qu’il fallait arrêter. Je me suis sevré tout seul, pendant dix jours de cauchemar. »

C’est le retrait, en mars dernier, du Di-Antalvic qui a mis le Tramadol sur le devant de la scène. En France, le Di-Antalvic était l’antidouleur le plus consommé, distribué chaque année à plus de 70 millions de boîtes pour 8 millions d’utilisateurs réguliers. A la suite d’études dénonçant le rôle de ce médicament dans des centaines de suicides, au Royaume-Uni notamment, il a été interdit par l’Agence européenne du médicament. En deux ans, 50 % des utilisateurs du Di-Antalvic se sont reportés sur des antidouleur moins forts comme le paracétamol, et 35 % sur des traitements plus forts dits de « palier 2 » comme le Tramadol. Celui-ci a vu sa consommation grimper de 30% pour arriver à plus de 12 millions de boîtes distribuées l’année dernière.

Outre le produit générique appelé Tramadol, la molécule se retrouve dans une vingtaine de médicaments vendus en France sur ordonnance, comme le Topalgic, Contramal ou Ixprim qui l’associe à du paracétamol. De nombreux médecins dénoncent le recours trop laxiste au Tramadol. « Ce traitement n’est pas anodin, explique Jean-Claude Grange, généraliste. On le prescrit en sortant des urgences hospitalières, y compris aux personnes âgées alors qu’elles sont très fragiles face à ce produit… Il m’arrive d’en prescrire, mais très prudemment ».

À Gaza, mais aussi en Égypte ou en Libye, ses effets proches de la drogue sont très recherchés, au point d’avoir suscité une alerte internationale.

Source : Le Parisien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*