L’avenir des traitements dans l’ostéoporose

Après la décision de l’Afssaps du 29 septembre 2011, le ralénate de strontium (Protelos°) est maintenu temporairement dans notre arsenal thérapeutique français avec certaines restrictions supplémentaires (interdit aux seniors de plus de 80 ans) et rappel des 2 risques principaux de Dress (allergie potentiellement mortelle) et d’événements thromboemboliques parfois fatals. L’agence française de sécurité sanitaire sollicite surtout l’avis de l’agence européenne du médicament (EMEA) pour une réévaluation des risques et bénéfices de cette molécule et donc de l’avenir de ce traitement anti ostéoporotique.

Il ne faut pas sous-estimer la portée de cette affaire, qui pourrait entraîner d’autres molécules allopathiques dans la même direction… Notre Vidal pourrait rapidement subir une cure d’amaigrissement compte tenu du fait que près de 200 médicaments sont susceptibles de provoquer un Dress ou bien d’autres événements indésirables graves voire mortels !

Dans le seul cadre de l’ostéoporose, le raloxifène (Evista°, Optruma°) seul représentant de la famille des Serms présente également un risque non négligeable d’événements thromboemboliques. D’autres Serms n’ont jamais vu le jour pour cause d’effets secondaires supérieurs aux bénéfices…

Les aminobiphosphonates (ABiP) per os (risedronate : Actonel° ; alendronate : Fosamax° ; ibandronate : Bonviva°) outre leur risque digestif avec hémorragie de l’ordre de 1 % pour les formes les plus puissantes, cumulent les risques d’osteonécrose maxillaire surtout (mais pas seulement) avec les formes injectables (ibandronate iv trimestrielle: Bonviva, zolédronate : Aclasta°) dans la population cancéreuse traitée par chimiothérapie radiothérapie cortisone et pour tous les ABiP les risques rares ou sous estimes de fractures atypiques transversales bilatérales fémorales.

L’ibandronate (Bonviva°) serait potentiellement déremboursable suite à l’avis défavorable émis en 2011 par la commission de transparence…

La parathormone, (PTH 1-34: Forsteo°), « arme à 1 coup », n’est autorisée qu’en deuxième intention dans les formes sévères d’ostéoporose avec au moins 2 fractures vertébrales et sans dépasser 18 mois par principe de précaution en raison de cas d’ostéosarcomes chez le rat Fischer lors des études précliniques…

Une bonne nouvelle quand même, le zoledronate en perfusion iv annuelle (Aclasta°), réduirait globalement la mortalité des patientes traitées de 29 % sans pour le moment d’explication bien claire.

Les médias et les politiques semblent découvrir que la médecine est l’art d’évaluer les avantages et risques d’un traitement dans le cadre d’une maladie plus ou moins grave chez un patient donné lui-même à risque variable… le risque 0 n’existe pas tout est question d’expertise, vigilance et logique ! Rien de bien nouveau dans le monde de la médecine !

SIM LABRHA

Afssaps – Référence : Communique de presse du 29-9 Et lettre aux professionnels de santé octobre 2011

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