Arthrose et athérosclérose

En pathologie, l’arthrose et athérosclérose semblent former un bien mauvais ménage.

Plus de risques cardio-vasculaires chez les arthrosiques :

  • Une étude espagnole de Lanas en 2010 (1) montre que 75 % des arthrosiques justifiant une prise d’antiinflammatoire ont un risque cardio-vasculaire accru. En somme une arthrose sévère s’accompagne très souvent d’athérosclérose.
  • Une étude anglaise de E. Nüesch et P. Dieppe en 2011 vient le confirmer (2) : un arthrosique meurt plus tôt. Il y a 55 % d’augmentation de la mortalité chez les patients atteints d’arthroses de hanche ou du genou âgés de plus de 35 ans, suivis 14 ans, par rapport à la population générale. Il y a plus de cancers RR : 2,28 de diabète RR : 1,95 et de maladies cardiovasculaires RR : 1,38 aboutissant au décès.

Il existe une liaison entre arthrose et athérosclérose :

  • Un travail islandais de 2009 avait montré qu’athérosclérose carotidienne et arthrose des doigts étaient corrélées.
  • A. Martocchia en Italie (3) a étudié 68 patients (moyenne d’âge : 77 ans ; 54 femmes) divisés en deux groupes selon qu’existait ou non un syndrome métabolique. L’athérosclérose était détectée par doppler carotidien (3 mesures sur le tronc commun, la bifurcation et la carotide interne) à partir d’un score défini de 0 (aucune plaque) à 6 (3 plaques bilatérales). L’arthrose, quelle que soit sa localisation, était détectée par radiographie et l’examen. Sa sévérité était classée de 0 à 4 selon le vieux score de Greenfield dans lequel 0 = pas d’arthrose ; 1 = arthrose asymptomatique ; 2 = arthrose symptomatique contrôlée par le traitement ; 3 = arthrose symptomatique non contrôlée par le traitement et 4 = arthrose la pire possible.

Les résultats de cette étude sont sans ambiguïté :

Les scores d’arthrose et d’athérosclérose sont plus sévères chez les patients ayant un syndrome métabolique. En regroupant tous les patients, il existe aussi une corrélation entre la sévérité de l’arthrose et celle de l’athérosclérose (r = 0,895 ; p < 0,05).

(1) Lanas A, Tornero J, Zamorano JL. ARD, 2010, 69: 1453-8.
(2) Nüesch E, Dieppe P, Reichenbach S et al. BMJ, 2011, Mar 8; 342: d1165 (on line).
(3) Martocchia A, Toussan L, Stefanelli M, et al. Rheumatology, 2011, 1: 1 (on line).

Tiré d’un article du Pr B.Mazières Toulouse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*