Arthrose et cures thermales

Aujourd’hui, la prise en charge de l’arthrose sur le plan médical consiste à associer des traitements médicamenteux et non médicamenteux pour diminuer la douleur, limiter le handicap moteur et essayer de freiner la progression des lésions structurales du cartilage. A côté de ces traitements classiques il y a toujours eu l’association possible avec la crénothérapie instaurée dans les stations thermales dédiées à l’arthrose. Cette forme de traitement naturel apporte incontestablement des bénéfices qui ont pu être mis en doute sur le plan objectif en l’absence de preuves scientifiques incontestables. Désormais ces effets favorables sont aujourd’hui confirmés par une étude clinique incontestable.

Il s’agit de l’étude THERMARTHROSE dont l’initiateur est Romain Forestier, rhumatologue à Aix les Bains qui a été financée par l’AFRETH (Association française pour la recherche thermale), le Conseil régional Rhône-Alpes et le Conseil général de Savoie.

Cette étude randomisée multicentrique a enrôlé 462 patients, partagés en 2 groupes :

  • le groupe « curiste » qui recevait un traitement médical classique et 18 jours de soins thermaux sur 3 semaines ;
  • le groupe « témoin » qui ne recevait que le traitement médical classique.

Chaque patient était suivi régulièrement au départ, à 3, 6 et 9 mois. Sa douleur était évaluée grâce à une échelle visuelle analogique graduée en mm de 0 à 100. Son handicap était mesuré par un score de WOMAC. Ces 2 tests ont une reconnaissance internationale garantissant la qualité des résultats. Les patients ont été recrutés sur 3 sites thermaux : Aix les Bains, Dax et Balaruc. Il s’agissait de sujets atteints d’arthrose du genou.

Quels sont les résultats ?

L’étude a été publiée notamment par Romain Forestier dans « Annals of Rheumatic Diseases » en septembre 2009 et a mis en évidence deux points positifs fondamentaux.

La cure thermale diminue les douleurs

À six mois, 50,8 % des personnes du groupe « curiste » ressentent le bénéfice de la cure thermale par une diminution des douleurs et une augmentation de la fonction motrice, contre 36,4 % dans le groupe « témoin ». A neuf mois, la balance penche encore plus favorablement en faveur du traitement thermal : l’amélioration (douleur et fonction) atteint en effet 53,8 % dans le groupe « curiste » contre 35,8 % dans le groupe « témoin ».

La cure thermale améliore la fonction

À six mois, 41,90 % des personnes du groupe « curiste » observent une amélioration de la fonction contre 28,50 % dans le groupe « témoin ».

La preuve est faite qu’une cure thermale est un élément thérapeutique supplémentaire efficace et sans grand risque d’effet secondaire à rajouter à la panoplie de l’arsenal thérapeutique dans l’arthrose.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*