Les accidents liés aux AINS

Les AINS sont des produits à risque

Beaucoup de produits ont été retirés du marché ou limités dans leurs indications. Les effets indésirables les plus fréquents sont de type A, explicables par le mécanisme d’action (inhibition des prostaglandines PG) ; certains sont de type B, plus rares, sévères ou mortels (syndrome de Lyell, hépatite fulminante, agranulocytose, etc.).

Il s’agit le plus souvent d’effet de classe ou de groupe chimique mais il existe également une sensibilité individuelle imprévisible (exemple des accidents allergiques à un produit bien précis). Nous ne parlerons pas ici des nombreuses interactions médicamenteuses, principalement avec les autres AINS ou Aspirine (associations interdites), les anticoagulants (AVK), le Lithium, et surtout les antihypertenseurs.

1- Accidents liés à l’inhibition des Prostaglandines (PG)

Accidents gastro-intestinaux

Les effets digestifs bénins sont fréquents : épigastralgies, nausées, douleurs abdominales, troubles du transit (10 % à 40 % des cas traités avec 5 à 10 % d’arrêts de traitement). Les ulcères et les perforations sont classiques (contre-indication absolue des AINS) ; les sténoses et les lésions coliques sont connues. Les AINS peuvent déclencher une rectocolite hémorragique.

Asthme et bronchospasme

C’est une contre-indication à tous les AINS dont l’Aspirine.

Accidents rénaux

Chez des sujets à risque, une insuffisance rénale fonctionnelle peut survenir. La méfiance réside dans : déshydratation, cirrhose du foie, insuffisance cardiaque, sujet âgé, traitement par diurétiques. La durée de traitement et la dose n’interviennent que peu ici. En chronique l’association avec des diurétiques et surtout les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) peut conduire à l’insuffisance rénale. D’importance, sont à signaler les risques de nécrose papillaire, d’hyponatrémie, d’hyperkaliémie et d’hypertension artérielle.

2- Accidents indépendants des PG

Réactions cutanées

Parfois mortelles : syndromes de Lyell, de Stevens-Johnson, érythème polymorphe, purpura et vascularite. Plus bénignes et régressives : urticaire, rash, etc.

Réactions hématologiques

En règle d’ordre immunoallergique ; une lignée cellulaire peut être atteinte (thrombopénie leucopénie). Une aplasie médullaire ou une anémie aplastique sont le lot de traitement chronique.

Réactions hépatiques

Hépatites de tout type. Une simple élévation des transaminases peut être constatée. Arrêt impératif si 3 x > N sup

Néphropathies immunocellulaires

En général il s’agit d’une glomérulo-néphrite focale ou diffuse.

Le Syndrome de Reye

C’est une encéphalopathie de l’enfant associée à une dégénérescence hépatique survenant lors d’infections virales (varicelle ; influenza). L’Aspirine pourrait précipiter voire déclencher ce syndrome. D’où la règle, peut être excessive, d’éviter l’aspirine chez l’enfant, en cas de fièvre (préconiser le paracétamol).

3- Effets toxiques

Troubles neurosensoriels

Céphalées, vertiges, confusion surtout avec l’indométacine. Surdité, vertiges, acouphènes, classiques chez les grands et longs consommateurs d’AINS (salicylisme). Neuropathies périphériques.

Conclusion

Même des médicaments aussi courants que les AINS, doivent être employés selon des règles très strictes (EMEA, AFSSAPS). Ils doivent notamment toujours être utilisés à la dose minimale efficace et sur un laps de temps le plus court possible. « Prendre un médicament n’est jamais anodin. »

SMI Labrha – 7 novembre 2007

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