Tendinite des sportifs

La tendinite est une douleur vive connue de nombreux sportifs, qui nécessite parfois de longues semaines de coupures forcées.
Il est pourtant simple de prévenir son apparition.

Inflammation d’un ou plusieurs tendons, la tendinopathie est souvent localisée près d’une articulation qui empêche tout mouvement du membre touché selon les degrés de blessure.

D’abord gênante, une tendinite ignorée ou mal soignée devient très vite un supplice très douloureux qui peut dégénérer. Il est parfois nécessaire de recourir à l’opération chirurgicale. La tendinite n’est pas une fatalité : un minimum d’attention doit être porté pour l’éviter.

Le corps produit sans cesse des déchets qui circulent via le flux sanguin. Ainsi l’alimentation, l’effort physique, l’oxydation organique participent activement à l’accumulation de ces résidus que drainent les liquides corporels (sang). Si le drainage est insuffisant, des dépôts se forment sur les tendons, ils se solidifient, cristallisent et provoquent à chaque mouvement d’articulation de vives douleurs. Être à l’écoute de vos sensations, du feedback du corps qui vous renvoie des signaux d’alertes (pincement, gêne à l’accomplissement d’un geste, l’apparition d’une rougeur).
Une tendinite apparaît la plupart du temps en situation de sous hydratation pendant ou en dehors des activités sportives et se manifeste donc souvent pendant l’effort, quand les muscles sont chauds. Une fois installée, celle-ci se rappelle constamment à votre bon souvenir dans les moindres faits et gestes du quotidien. S’il est facile de contracter une tendinite il est délicat de s’en débarrasser. Règle numéro : 1 boire pour « huiler » les articulations et nettoyer les tendons de ses mauvais cristaux formés par l’acide urique.

L’acide urique et urée, le cocktail toxique

Les taux d’acide urique et l’urée déterminent le niveau d’élimination des déchets issus de la dégradation alimentaire, et notamment des protéines. Un taux sanguin et urinaire élevé (hyperucémie), constitue une des preuves flagrante d’une mauvaise hydratation, qui engendre fatigue musculaire et risque tendineux élevé.

Toxines contenues dans la viande ?

Vous avez peut-être déjà entendu que la viande était mauvaise pour la santé des tendons du sportif notamment parce qu’elle acidifierait le sang et apporterait des toxines (purines) ralentissant l’élimination de la fatigue. L’acidification est due à toute absorption de protéines au niveau intestinale : pour qu’une protéine soit absorbée, il faut un ion H+ (acide) et ce quelle que soit la nature de la protéine (végétale ou animale).
Les toxines contenues dans la viande proviennent plutôt des conditions d’élevage et d’abattage des animaux que des caractéristiques intrinsèques de la viande. Il est donc à vous de prendre le soin de choisir votre viande. De plus, l’accumulation des toxines (tendon, ligament) dans l’organisme est le plus souvent dû à un manque d’apport hydrique qui diminue la diurèse (vu plus haut).
Rien à l’heure actuelle ne permet de dire qu’il faut éliminer la viande rouge lors de tendinite.

Sport et acidité

Des études ont démontrées que seul le sport engendrait une hausse de l’acide urique (s’expliquant par une faible hydratation) et que l’apport de viande dans les 6 heures post effort n’avait aucune incidence sur le taux d’acide urique. Pour en finir avec ce sujet notons qu’un apport en protéines maigres animales est un atout pour la réparation musculaire post effort (viande, poisson, œuf, laitage) car ces aliments contiennent des protéines incomparables de haute valeur biologique.

Les aliments diététiques anti-tendinite :

Une tendinite nécessite une diététique appropriée et orientée afin de réduire le temps de guérison ou d’éviter son aggravation. Pour cela orientez-vous vers des aliments hypotoxiques diurétiques et alcalins.
Il faut donc observer une diététique qui élimine le trop plein de résidus acides, en privilégiant les légumes comme les asperges, poireaux, artichauts et pissenlits. Les agrumes et les yaourts, malgré leur goût acide en bouche épongent l’acidité sanguine contrairement aux idées reçues, ils sont à consommer très largement en cas d’inflammation.
Les tisanes sont à préférer au thé et au café dans cette période à risque. Celles aux queues de cerise s’avèrent un choix intéressant.

À éviter…

En revanche les sucres raffinés comme les sodas (coca par exemple) le chocolat, confiseries, pâtisseries et autres sources sucrées raffinés non naturelles et vendues à profusion dans les commerces, sont pourvues d’un très fort potentiel acide; qui empoisonnent, encrassent et affaiblissent de façon prouvée les cellules hépatiques détoxicatrices (foie) musculaires, articulaires et tendineuses et ont un effet cariogène sur les dents. Pour ne citer que quelques exemples frappants. De façon générale il faut se limiter aux boissons énergétiques, surtout lors de période à risque.

Les aliments gras (pas + d’1g/kg/j de lipide) produisent des dérivés très acides qui s’avèrent être une hérésie pour la santé des tendons surtout en période de fatigue intense. Ainsi les fromages à pâte ferme, pressée et cuite (beaufort, emmental, comté), les biscuits apéritifs (chips), la charcuterie, saucisson, pâté de foie, rillettes, les épices, l’alcool, les graisses cuites, les gibiers et viandes fortes ou fumées, les oléagineux, le chou et les sucres inutiles que sont les confiseries et pâtisseries, sont à réduire fortement jusqu’à rémission des troubles.

Petites astuces « maison » :

  • Dès les premiers signes de pincements, il est primordial de mettre la zone concernée en repos, même bref.
  • Buvez de l’eau diurétique (eau de source ou plate) pour accélérer la diurèse (quantité d’urine émise)  » laver  » les tendons de ses impuretés en faisant baisser son poison principal : l’acide urique.
  • 3 glaçages/jour d’une durée de 20 mn chacun sur la zone responsable des douleurs. En pratique : 1 sac plastique fin de glaçons pillés enrobés dans un torchon humide. Procédez par rotation douces sur et autour de la zone cible, sans brûler la peau, l’apparition d’une rougeur est normale.

Autres causes :

  • Un matériel inadapté
  • Un matériel neuf
  • Un changement de terrain d’entraînement (sol dur/sol mou)
  • Une modification hasardeuse et trop brusque de son matériel habituel
  • Une gestuelle incorrecte
  • Une hygiène bucco-dentaire (abcès) négligée

…sont autant de facteurs déclencheurs de tendinite.

Il est inutile de forcer sur un début d’inflammation et le sportif doit être convaincu que le repos reste le moyen d’éradiquer une tendinite sur le long terme. Il faut déterminer l’origine du mal en procédant par élimination des facteurs déclenchent.

La Ténologie, qu’est ce que c’est ?

C’est la science qui s’occupe de l’étude des tendons. L’étude approfondie des tendons, que ce soit en imagerie, d’un point de vue biologique ou biomécanique, est assez récente. Le tendon est resté longtemps une annexe de l’unité musculotendineuse, présentant une pathologie simple : la « tendinite », terme souvent inapproprié, apanage du sportif.

Existe-t-il plusieurs formes de tendinites ?

Le terme « tendinopathie » est plus utilisé par les spécialistes que « tendinite ». La terminaison –ite signifie inflammation, or toutes les atteintes ne sont pas de ce type. Il peut exister des « tendinites » dans le cadre de rhumatismes inflammatoires mais aussi métaboliques, iatrogènes (médicamenteuses), mécaniques soit micro soit macro traumatiques, toxiques…

On distingue différentes lésions :

  • La tendinose, atteinte dégénérative du corps du tendon,
  • La tendinite, atteinte inflammatoire du corps du tendon,
  • les ruptures tendineuses partielles (fasciculaires) transfixiantes (« trou » traversant le tendon) ou totales (rupture complète avec écartement des 2 extrémités).
  • La tendinopathie nodulaire, soit par dépôts métaboliques (acide urique dans la goutte, calcium en cas d’insuffisance rénale, cholestérol dans les dyslipidémies…) soit par microdéchirures avec cicatrisation « en bulbe d’oignon »). Doigts à ressaut ou ressort…
  • La ténosynovite, atteinte de la gaine synoviale du tendon
  • La paraténonite, atteinte du paratendon ou péritendinite voire paratendinite
  • l’enthésopathie, pathologie de la zone d’insertion du tendon
  • La tendinopériostite, atteinte de l’enthèse périostée du tendon.
  • La bursite ou tendinobursite, inflammation d’une bourse séreuse, organes de glissement de certains tendons.
  • La tendinite calcifiante, isolée ou dans le cadre de la maladie des calcifications tendineuses multiples (MCTM) ou rhumatisme à dépôt d’hydroxyapatite de calcium: RO)
  • La désinsertion musculotendineuse, déchirure de fibres tendineuses à la jonction myotendineuse.

Les localisations principales sont :

  • L’épaule, la « périarthrite scapulohumérale » terme général mal défini regroupe les pathologies de la coiffe des rotateurs : tendinopathies des muscles sus et sous épineux, sous scapulaires, biceps brachial, petit rond…
  • Le coude avec l’épicondylite « tennis elbow », l’épitrochléite ou épicondylite médiale dit « golf elbow ».
  • Le poignet : tendinite de De Quervain, styloidites ou enthésites radiales ou cubitales…
  • La main, tendinites des extenseurs et fléchisseurs des doigts
  • La hanche, la « périarthrite de hanche » moyen fessier et tenseur du fascia lata, tendinite du psoas iliaque, du droit antérieur, des ischiojambiers, adducteurs…
  • Le genou, tendinite rotulienne, quadricipitale, de la patte d’oie, du biceps crural…
  • La cheville, jambier antérieur et postérieur, péroniers latéraux, tendon d’Achille, enthésites rétro et sous calcanéennes…

Quels sont les causes des tendinites ?

Les causes sont diverses et variées mais les étiologies les plus fréquentes sont d’ordre mécaniques, préférentiellement chez les sportifs (contraintes gestuelles répétitives, erreurs d’entrainement et d’alimentation) et les dans le monde du travail dans les métiers à gestes stéréotypés. Les mécanismes sont le frottement, la compression, la traction excessive, le suremploi et les traumatismes.

Les autres causes sont :

  • Rhumatismales inflammatoires (Polyarthrite rhumatoïde, Spondylarthrite Ankylosante surtout sous forme d’enthésites notamment calcanéennes bilatérales, ruptures tendineuses du Lupus Systémique, tendinite granulomateuse de la Sarcoïdose…). Il faut systématiquement y penser même chez les sportifs.
  • Rhumatismes métaboliques et microcristallins : MCTM avec parfois bursite aigue « dite tempête douloureuse » à l’épaule, goutte, chondrocalcinose… hypercholestérolémies, maladie de Forestier Rotès Quérol (hvas), amylose…
  • Infectieuses aiguës, véritables urgences diagnostiques et thérapeutiques. Le gonocoque chez un adulte jeune, fébrile avec éruption cutané polymorphe… mais d’autres agents microbiens peuvent être responsables : staphylocoque doré, streptocoque, pneumocoque, haemophilus influenzae, pasteurella multicida (morsures d’animaux)… Le phlegmon des gaines par diffusion d’un proche panaris ou par inoculation directe (plaie). Les tendinites infectieuses chroniques sont plus rares en général mycobactériennes ou fongiques.
  • Tumorales, très rares. Les lésions les plus fréquentes sont les kystes synoviaux et péritendineux souvent davantage liés à une dégénérescence mucoïde capsulaire que de véritables kystes synoviaux. Les tumeurs à cellules géantes, pathologie bénigne à expression nodulaire et le synovialosarcome, tumeur maligne de croissance lente mais de mauvais pronostic.
  • Iatrogènes, médicamenteuses : principalement la corticothérapie générale ou locale et les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones.

Et les facteurs favorisants ?

Les facteurs favorisant les tendinopathies mécaniques d’hyperutilisation (overuse syndrome) sont intrinsèques (liées à l’individu) et extrinsèques (causes extérieures).

Facteurs intrinsèques :

  • Âge > 35 ans, Sexe féminin
  • Condition physique, Surcharge pondérale, acide urique
  • Troubles morphologiques et statiques (pieds plats, creux, varus ou valgus talonnier, genu valgum ou varum, anteversion du col fémoral, etc.)
  • Inégalité de longueur des membres inférieurs,
  • Déséquilibres musculaires (agonistes-antagonistes)
  • Hyperlaxité ligamentaire et hypermobilité articulaire
  • Raideurs articulaires, rétractions tendinomusculaires
  • Hormones, cytokines facteurs de croissance…

Facteurs extrinsèques :

  • Matériel : usagé, inadapté à l’individu, problème de réglage, etc.
  • Technique : les tendinites sont souvent des technopathies, gestes répétés, mauvais gestes, gestes agressifs, etc.
  • Entrainement : erreurs de progression, d’intensité ou durée d’effort, changement brutal de rythme, surcharges de compétitions, erreur de sol, etc.
  • Environnement : altitude, humidité, température, etc.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic est plus ou moins facile selon les localisations et les causes. Cependant, le diagnostic est relativement stéréotypé par l’interrogatoire qui retrouve la topographie, le type de la douleur, les facteurs favorisants selon la cause et surtout à l’examen la triade clinique :

  • douleurs provoquées à l’étirement passif du tendon,
  • douleurs provoquées à distance par la contraction volontaire contre résistance du tendon,
  • douleurs provoquées à la palpation du tendon.

En cas de ténosynovite, on peut noter une tuméfaction clinique péritendineuse éventuellement crépitante à la mobilisation et audible à l’auscultation. De même, en cas de bursite superficielle ou hygroma, la tuméfaction est évidente.

Quels examens peuvent être utiles ?

Ils ne sont pas toujours utiles ni nécessaires mais peuvent être demandés pour évaluer la sévérité lésionnelle et suivre son évolution voire pour guider le traitement.

  • Radiographies standards : recherche des modifications des enthèses sous forme d’enthésophytes, des calcifications des parties molles para-articulaires. Avec rayons mous dans certains cas (ténographie : triangle de Kager du tendon d’Achille).
  • Échographie : cet examen non invasif, peu coûteux, reproductible, comparatif, statique et dynamique, précise la forme anatomique et oriente grâce à l’echodoppler couleur puissance vers le stade évolutif : l’hyper vascularisation détectée est un bon indice d’activité de la lésion pour les tendinopathies mécaniques.

Dans les pathologies rhumatismales inflammatoires, ce témoin d’hyperactivité (DP+) est plus marqué sur les enthèses et l’os cortical, bien corrélé avec les risques de progressions structuraux. Cependant, cet examen est très opérateur et « matériel dépendant ». L’artéfact d’anisotropie est risque d’erreur. Les infiltrations cortisoniques peuvent être échoguidées afin d’optimiser le geste thérapeutique.

  • IRM protonique avec injection de gadolinium (produit de contraste magnétique) et séquences T1 fatsat. C’est un examen statique pur, non invasif mais coûteux est responsable de faux positifs s’il n’est pas corrélé aux données de l’examen clinique et de l’interrogatoire. L’Arthro-IRM rend l’examen invasif…
    L’anisotropie du tendon (fibres de collagène orientées parallèlement créant un champ magnétique statique local) est source d’artéfact, c’est le « phénomène de l’angle magique ».
    La détection de calcifications intratendineuses reste mauvaise par cet examen.

À noter, la grande fréquence d’anomalies tendineuses IRM chez des sportifs asymptomatiques.

  • L’arthroscanner, technique invasive consistant à injecter en intra-articulaire un produit de contraste (iode en absence d’allergie) qui recherchera une fuite extra-articulaire traduisant une rupture transfixiante, suivie de la réalisation d’un scanner qui permet un bilan lésionnel précis avant un acte chirurgical éventuel.
  • Ponction avec analyse histologique, infectieuse, inflammatoire et immunologique : systématique si épanchement clinique.
  • Bloc Test anesthésique et thérapeutique : dans certains cas une infiltration conjointe d’anesthésique local et d’un dérivé cortisonique peut servir de test diagnostique (bloc test) et de traitement.
  • Bilan biologique si suspicion de maladie générale : NFP, VS CRP, Facteurs Rhumatoïdes, acantiCCP2, ACAN, acide urique, calcémie…

Les traitements

Ils sont symptomatiques et comprendront l’association de la modulation ou de l’arrêt des activités sportives, suivant la localisation et l’intensité de l’atteinte :

  • à la cryothérapie gazeuse (froid intense et élevé) ou glaçage manuel ;
  • à la physiothérapie anti-inflammatoire : ionisation, salicylée, ultrasons, laser ;
  • MTP (massage transverse profonds) ;
  • à la technique du crochetage ;
  • à la thérapie par onde de chocs ;
  • à la kinésithérapie (étirements posturaux, progressivité du groupe musculaire concerné, reprogrammation neuromusculaire (proprioception dans les laxités, travail d’amplitude articulaire dans les raideurs) ;
  • au travail excentrique manuel ou mieux sur machine isocinétique ;
  • aux anti-inflammatoires non stéroïdiens dans les formes aiguës invalidantes.

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